Samedi dernier Patrick Lagacé dans le journal La Presse a écrit un billet que j’ai retrouvé sur cyberpresse intitulé Haïti malade de ses charades. Il n’y va pas avec le dos de la cuiller, c’est le moins que l’on puisse dire!
J’en ai assez des charades d’Haïti. Tout le monde bullshite, dans ce pays. L’État, les politiciens, les Haïtiens, les journalistes – ceux d’ici et d’ailleurs -, la proverbiale communauté internationale, les travailleurs humanitaires.
La lecture de ce texte m’a ébranlé, de par son propos mais aussi comme s’il écrivait au grand jour ce que plusieurs commencent à penser dans leur petite tête, il est venu bousculer mes prorpes sentiments à l’égard de ce pays, qui avant le 12 janvier n’avait aucune maudite importance dans ma vie!
Fuck.
J’en ai assez des charades. Tout le monde fait semblant. Même moi, je fais semblant. Je fais semblant que le foutoir haïtien n’est qu’extérieur au peuple. En montrant les faiblesses de l’État, je disculpe le peuple haïtien.
Or, désolé, mais les Haïtiens, collectivement, sont d’une passivité épouvantable, déprimante et délétère. Pour faire cute, comme tout le monde, je décris cette passivité comme du fatalisme.
Son propos assez brutal est comme un choc électrique, il m’a dérangé dans ma propre conscience, apaisé d’ailleurs par un simple don monétaire.
J’ai l’air brutal. Mais c’est une partie de la charade: de peur d’être taxé d’insensibilité ou de racisme, personne n’est jamais brutal avec Haïti.
Son expérience avec le chauffeur de taxi est éloquent, j’ai vécu en Afrique pendant deux ans et j’ai vécu ce genre d’expérience, mais cela m’a pris du temps à comprendre que c’est une des règles du jeu de ces pays, ”faut me donner” j’ai entendu cette phrase au coeur de la brousse par des enfants de trois ans, on ne joue pas avec les mêmes règles du jeu qu’en occident, qu’au Québec, c’est cela qui est difficile à comprendre, à accepter.
Il termine son article avec un signal, un avertissement, sur ce point je me sens obligé d’être d’accord avec lui.
Et nous? Continuer à aider Haïti exactement comme avant le 12 janvier, c’est créer une autre génération de misère, d’orphelins et de bullshit.
Assez, s’il vous plaît. Assez
Après le courage de dénoncer, la lucidité des cibles et actions pertinentes à un nouveau paradigme d’assistance, lequel sera partagé par les Haïtiens. Tout un contrat de changement politique, organisationnel et personnel, monsieur!
Par où commencer?
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