Vous connaissez maintenant mon intérêt pour le temps. J’ai lu dernièrement un article qui faisait le lien entre le temps qui passe et vieillir.
Une question fondamentale qui préside à la question de vieillir est celle « du temps qui passe ». ou plus précisément : comment l’homme s’y
prend-il pour construire du temps qui passe ?
Puisque que le temps passe, l’homme a eu à résoudre ce problème. Saul Bellow demandait à Harold Rosenberg ce qu’il ressentait à
l’approche de son soixante-dixième anniversaire : – « Oui, bien sûr, répondit- il, j’ai entendu parler de la vieillesse, de la mort et de tout le reste, mais
en ce qui me concerne, ce ne sont que des rumeurs. » Toute l’histoire de l’homme qui naît et qui meurt est articulé autour du temps. Dès sa naissance on permet à l’enfant de s’inscrire dans le temps entre autre par son acte de naissance, c’est ici que ton temps commence! À chaque année on souligne son anniversaire, on crée très tôt dans l’esprit de l’enfant une sorte d’historie qui lui permettra de se retouver dans le temps qui passe.
Il s’agit d’inscrire le parcours de l’enfant dans une histoire plus
générale, et donc de le placer dans une filiation, c’est-à-dire dans un parcours
temporel. Pour reprendre l’expression de Paul Ricoeur (2000), à partir de ce
récit sur leurs origines, les enfants peuvent se construire une « identité
narrative ».
Celle-ci repose sur l’établissement de liens entre hier et aujourd’hui,
entre ce qui existait avant leur naissance et qui prend sens avec leur
naissance, et qui se poursuivra au décours de leur histoire.
L’idée d’inscrire l’enfant qui naît dans le temps qui passe, n’a pour
fonction que de lui permettre de quitter l’immédiateté, la violence de la
soumission à l’instant.
Jean Van Hemelrijck
Vieillir cela à faire avec un décalage, entre un avant et un après, et entre un présent et un passé. J’ai réalisé que je vieillissais quand ma fille m’a dit un jour:”papa, dans ton temps est-ce que c’était comme ça?”
Et je me suis rendu compte que vieillir c’est donner un sens, c’est trouver un sens à ce temps qui passe…C’est pourquoi j’ai toujours pensé que le présent était un passé qui n’avait pas beaucoup d’avenir!
Vivre, c’est vieillir, rien de plus.
Simone de Beauvoir
J’ai accroché à la phrase”…lui permettre de quitter l’immédiateté, la violence de la soumission à l’instant”
Le moment présent est tellement violent qu’à certaines occasions, nous avons besoin du passé pour s’en reposer.
ou du futur pour s’en dégager…