Vivre le ici et maintenant
Nous en sommes à la troisième caractéristique des gens heureux : vivre pleinement le ici et maintenant. Le problème des occidentaux est qu’ils ont pour objectif le progrès, vouant l’homme à une poursuite frénétique d’un lendemain illusoire.
‘’ Par nature, nous sommes donc l’espèce la plus apte à l’angoisse. Et l’un des mécanismes les plus efficaces de défense à l’angoisse consiste justement à s’interdire de poser les problèmes. On évite alors de poser des questions en vivant ici et maintenant, c’est toujours ça de bon à prendre.’’
Boris Cyrulnik
Cependant Blondin nos prévient que vivre ici et maintenant ne doit pas nous empêcher d’assumer notre propre responsabilité de se prendre en charge en assumant son propre bonheur. Dans le ici et maintenant il y a le dualisme, la réalité extérieure mais aussi la réalité intérieure. ‘’il ne sert à rien de chercher coûte que coûte d’être présent au monde si c’est pour être en conflit avec nous-même’’ Véronique Loiseleur.
Vivre ici et maintenant n’exclut pas de prévoir, c’est –à – dire de voir une réalité à l’avance et non d’en imaginer une à la lumière des peurs et des incertitudes. Blondin raconte qu’un jour un fonctionnaire chinois qu’il cultivait la conscience que chacun de ses instants devienne une cause volontaire d’autres bons moments subséquents.
Il y a plusieurs témoignages dans ce chapitre de différentes personnes dans leur rapport avec le ici et maintenant. Je vous relate celle qui m’a rejoint le plus pour avoir vécu ce qu’il raconte, celui de Jacques Dufresne :
‘’je ne répondrais pas à la question sur le bonheur si je ne me considérais pas heureux. Mais qu’est-ce que le bonheur? Je ne sais pas vraiment….si on tient à la vie, c’est qu’on pense toujours qu’enfin la vie va nous apporter quelque chose d’extraordinaire. C’est à ce moment que j’ai compris vraiment ce qu’était la différence entre l’essentiel et l’extraordinaire. Ce qu’on attend de la vie en général, c’est l’extraordinaire. On est toujours sur le point de partir en voyage. L’extraordinaire, c’est pour moi un peu…Je ne sais pas si vous avez été déjà élève-pensionnaire? Ce qu’on attend du dimanche quand on est interne? Sept ou huit ans avec la routine de la semaine et l’unique sortie du dimanche. À un certain moment, le dimanche, je l’attendais toute la semaine. À partir de lundi, je ne vivais que pour le dimanche. Et le dimanche il allait se passer des choses extraordinaires, plus que divines. Tout allait se passer le dimanche : j’allais rencontrer la jeune fille parfaite, il y allait avoir des moments intenses…Et les dimanches étaient toujours absolument décevants!!! Ça se terminait par les vêpres qui étaient les moins décevantes parce qu’on les attendait et qu’elles étaient telles qu’on les attendait. Mais tout le reste était décevant. Cette recherche du dimanche, par la suite, prenait d’autres formes. C’était un voyage qui allait apporter tout à coup cet élément extraordinaire qu’on attendait du dimanche. On préparait le voyage, le voyage apportait des choses, mais il n’apportait pas encore tout ce qu’on en attendait. Si j’attache tant d’importance au moment privilégié que j’évoquais tout à l’heure, ce n’est pas parce qu’il se produit quelque chose d’extraordinaire à ce moment-là, non, c’était une journée comme les autres….Je comprenais enfin que l’essentiel, c’est autre chose que l’extraordinaire. Tout le bonheur consiste à pouvoir accepter ce qu’on a, accepter ce qu’on est en même temps.’’
La semaine prochaine : le développement de la sagesse.
Je vous rappelle que ce texte est tiré du livre de Robert Blondin : le bonheur possible
bonjour robert ,
je pense que le bonheur est fait de petits moments qu’il faut savoir atrapper a temps !!!
bises et bonne soiree….