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La vieillesse

La mort de Zami survenue en début de semaine m’a fait réfléchir sur la vieillesse, sur ce rendez-vous qui nous attend inévitablement alors je vous propose deux textes qui m’ont été acheminés. Le premier texte, je ne sais pas si il est véridique, il a circulé sur le net mais il vaut la peine d’être lu puisque c’est un vieillard qui s’adresse à son infirmière. Le deuxième est un monologue de notre regretté Sol avec son langage unique, sur la chance qu’ont les vieux…
Je n’ai pas encore cette impression d’être vieux, seul mon corps m’envoie quelques signaux mais le coeur est encore jeune, n’empêche, Zami s’est fait rattraper et je vais moi aussi l’être un jour que j’espère très loin.

Quand un vieil homme mourut dans un hôpital gériatrique de North Platte, au Nebraska, il allait de soit,,selon tous, qu’il n’avait aucune possession de quelque valeur.
Plus tard, alors que les préposées s’affairaient à classer ses maigres possessions, elles trouvèrent ce poème. Elles furent tellement impressionnées qu’elles en firent des copies qui furent distribuées à tout le personnel de la maison.
L’une d’elles en rapporta une copie chez elle au Missouri et la fit connaître. Depuis, le poème de ce vieil homme a paru dans l’édition de Noël du Magazine de l’Association de la Santé Mentale de St-Louis.
Et ce petit vieillard décharné, semblant n’avoir rien à apporter au monde, est l’auteur de ce petit poème, éloquent mais sans prétention, qui fait le tour sur l’Internet.

À quoi pensez-vous gardes…….en me regardant?

Un vieillard difficile….et pas trop brillant?

Hésitant, dans ses gestes……et dans ses yeux fuyants?

Qui jongle avec sa nourriture……..et ne réponds pas

Quand vous dites d’une voix forte…….”vous n’essayez même pas!”
Qui semble ne pas s’apercevoir……..de ce que vous accomplissez

Qui perd constamment…….un bas ou un soulier

Qui, avec ou sans résistance…….obéi à votre gré

Avec le bain, les repas…….et les longues journées à tuer

Est-ce que c’est çà que vous pensez?….Est-ce que c’est çà que vous croyez?

Alors ouvrez les yeux gardes……ce n’est pas moi que vous voyez!
Quoi que je mange à votre convenance…et fais ce vous m’ordonnez

Je vais vous dire qui est là……dans ce fauteuil élimé

Je suis un garçon de dix ans…avec frères et sœurs

Et nos parents nous aiment…..avec tout leur cœur
Un garçon de seize ans….des ailes à ses souliers

Et bientôt une amoureuse…..qu’il espère rencontrer

Un jeune homme de vingt ans…..fraîchement fiancé

Mon cœur bondit……de bonheur annoncé

En me souvenant des vœux ….que j’aurai à prononcer

Et que j’ai promis ………..de toujours respecter
J’ai vingt-cinq ans maintenant….et des enfants merveilleux

C’est mon devoir de les guider… et protéger de mon mieux

Un homme de trente ans…..mes enfants grandissent vite

Mais nos liens sont solides……bon présage pour la suite

À quarante ans mes enfants….ont grandis et quittés

Ma femme est à mes côtés…..et m’évite de déprimer

À cinquante ans, quelle joie…..des petits sur les genoux

À nouveau le bonheur……..même s’ils ne sont pas à nous
Des jours sombres s’annoncent….ma femme est décédée

Je regarde vers l’avenir…….mais je suis effrayé

Car mes enfants sont occupés…..à élever leurs enfants

Et je pense sans arrêt……aux joies d’un autre temps
Je suis maintenant un vieil homme…et la vie est ainsi

Le corps tombe en ruine….. l’agilité et la grâce parties

Vieillir n’est pas qu’ une sinécure….une perte de vigueur

J’ai maintenant une roche….là ou j’avais un cœur
Mais sous cette vieille carcasse….un jeune homme subsiste

Maintenant et encore…..mon vieux cœur s’excite

Je me souviens des peines……et des bons moments

Et j’aime, je respire et je vis…….tout comme avant
Je pense aux années, trop peu nombreuses….passées trop vite

J’accepte la dure réalité……que rien ne peut durer

Alors à vous tous, ouvrez vos yeux au plus vite

Et vous ne verrez pas..….qu’un vieil homme revêche…..

Regardez…Regardez bien…et vous ME verrez
MOI!

Une poésie de notre Sol national : (les fautes sont voulues dans le exte)

Le crépuscule des vieux

Des fois, j’ai hâte d’être un vieux.
Ils sont bien, les vieux, on est bon pour eux, ils sont biens.

Ils ont personne qui les force à travailler; on veut pas qu’ils se fatiguent.
Même que la plusssspart du temps, on les laisse pas finir leur ouvrage.
On les stoppe, on les interruptionne, on les retraite fermée.

On leur donne leur appréhension de vieillesse et ils sont en vacances….

Ah! Ils sont bien les vieux!

Et puis, comme ils ont fini de grandir,
ils ont pas besoin de manger tant tellement beaucoup.

Ils ont personne qui les force à manger.

Alors de temps en temps,
ils se croquevillent un petit biscuit
ou bien ils se retartinent du pain avec du beurre d’arrache- pied,
ou bien ils regardent pousser leur rhubarbe dans leur soupe…

Ils sont bien…

Jamais ils sont pressés non plus.
Ils ont tout leur bon vieux temps.
Ils ont personne qui les force à aller vite;
ils peuvent mettre des heures et des heures à tergiverser la rue…

Et plus ils sont vieux, plus on est bon pour eux.
On les laisse même plus marcher…
On les roule…
Et puis d’ailleurs,
ils auraient même pas besoin de sortir du tout;
ils ont personne qui les attendresse…

Et l’hiver…
Ouille, l’hiver!
C’est là qu’ils sont le mieux, les vieux;
ils ont pas besoin de douzaines de quatorze soleils…

Non!

On leur donne un foyer,
un beau petit foyer modique qui décrépite,
pour qu’ils se chaufferettes les mitaines…

Ouille, oui l’hiver, ils sont bien.
Ils sont drôlement bien isolés…
Ils ont personne qui les dérange.
Personne pour les empêcher de bercer leur ennuitouflé…

Tranquillement, ils effeuillettent
et revisionnent leur jeunesse rétroactive;
qu’ils oublient à mesure sur leur vieille malcommode…

Ah! Ils sont bien…!

Sur leur guéridon, par exemple, ils ont une bouteille, petite, bleue.
Et quand ils ont des maux, les vieux,
des maux qu’ils peuvent pas comprendre,
des maux mystères;
alors à la petite cuiller, ils les endorlotent et les amadouillent…

Ils ont personne qui les garde malades.
Ils ont personne pour les assistés soucieux…

Ils sont drôlement bien…!

Ils ont même pas besoin d’horloge non plus,
pour entendre les aiguilles tricoter les secondes…

Ils ont personne qui les empêche d’avoir l’oreillette en dedans,
pour écouter leur coeur qui grelinde et qui frilotte,
pour écouter leur corps se débattre tout seul…

Ils ont personne qui…

Ils ont personne…

3 thoughts on “La vieillesse

  1. evelyne says:

    tres emouvant ,j’ai travaillé comme aide soignante dans une maison de retraite ,je pense que ce poeme devrait etre affiché partout ou l’on soigne les personnes agées…
    bises et bonne journée robert

  2. Line says:

    le premier poème est si touchant merci de le partager avec nous!!

  3. Robert says:

    Merci à vous deux.

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