La pensée du jour
Il y a une limite au bonheur qu’on peut tirer de son travail. On est même d’autant plus heureux qu’on passe moins de temps au travail.
Scott Adams

En ce lundi matin, la plupart d’entre vous êtes retourné au travail, pour certains, le retour s’est effectué la semaine dernière, quoi qu’il en soit, vous êtes embarqué de nouveau dans ce fameux navire qu’on se demande des fois où il va nous mener car nous ne sommes pas le capitaine à bord, seulement des matelots qui prennent le quart et peinent à faire avancer le navire pour qu’il se rende à bon port.
En ce début d’année je vous propose une réflexion sérieuse sur le travail à l’aide de trois émissions produites par Télé Québec. trois volets: la place, le sens, l’avenir du travail. Comme vous êtes occupés à travailler je vais vous faire un résumé de la première émission sur la place du travail, mais vous pouvez la voir en entier en cliquant ici cela vaut la peine d’être regardé, c’est très bien fait.
On y apprend que 40% des travailleurs canadiens sont absents du domicile, 10 heures et plus par jour, que les gens se sentent coupables si ils ne se sentent pas utiles, si ils ne sont pas productifs, si ils ne font pas la preuve de leur efficacité… des phrases choc comme:” la performance est devenue une valeur, on mesure la réussite d’une vue à la hauteur de la performance qu’on réussit à faire.”
Les professions administratives ont les plus longues semaines de travail: 51 heures en moyenne. ”on est rendu qu’on est fier d’avoir fait son burn out” nous dira Pierre Légaré, l’expression métro-boulot-dodo n’a jamais été aussi juste que maintenant, ce sentiment d’urgence qui nous habite fait en sorte qu’on a l’impression de ne pas avoir assez de temps, plus on gagne du temps, moins on en a..!
Les technologies qui devaient nous faire sauver du temps font en sorte qu’on nous en demande plus, parce qu’on fait mieux, ceci implique qu’il doit y avoir une réponse immédiate à tout, et comme nous sommes rejoignables partout grâce aux appareils portables, on s’attend à une réponse rapide. 60% des travailleurs affirment travailler avec des échéanciers serrés. Pierre Légaré m’a fait sourire quand il dit: “quand un chien pète sa chaîne, il ne traîne pas sa niche avec lui”! On s’identifie tellement à ces machines qu’on veut être rapide comme elles, efficaces comme elles et pendant ce temps on passe à côté du contact avec l’autre qui est fondamental pour devenir qui nous sommes…
Interrompre une tâche pour regarder un courriel fait perdre environ 15 minutes au total; aujourd’hui on ne sait plus quand on travaille et quand on ne travaille pas parce qu’on traîne notre bureau avec nous, c,est bien non? on a la liberté de travailler 24 heures sur 24 si on veut! Au canada, la population active fait 145 heures supplémentaires par an, un travailleur sur quatre travaille à domicile, en 1986 les travailleurs passaient 4,2 heures par jour avec leur famille, en 2005, 3,4 heures par jour.
Un enjeu majeur est la conciliation travail-famille et les entreprises ont tout un défi à relever à ce niveau. L’État a fait sa part avec les garderies, les congés parentaux mais les entreprises non. La culture d’entreprise doit évoluer dans ce sens. Les jeunes sont branchés sur cette réalité mais le débat social n’est pas encore terminé, les mentalités c’est long à changer! On y voit un jeune couple qui s’organise et la jeune femme qui dit: J’aime mieux être fatigué que stressé!” Ce couple fait partie des 30% des travailleurs qui ont des horaires atypiques, ils travaillent tous les deux de nuit…
Pourquoi travaille-t-on? pour être productif ou heureux? Si vous choisissez la première, vous risquez de trouver un grand vide, c’est notre responsabilité le bonheur (vous vous souvenez de ma série sur le sujet?) ça ne s’achète pas, nous ne sommes pas le travail, j’en sais quelque chose, notre entité si elle ne passe que par le travail, on est cuit!
La simplicité volontaire c,est la découverte qu’on peut être aussi bien avec moins…vivre consciemment être en contact avec ses véritables besoins, c’est se demander qu’est-ce qui fait que notre notre vie vaut la peine d’être vécue, apprendre que nos désirs sont illimités et nos besoins sont limités
Vous connaissez ma passion pour le temps, dans cette émission on apporte la notion de ”temps sociaux” C’était la première fois que j’entendais ce concept, une façon différente de voir le temps: le temps pour les enfants, le temps pour les amis, le temps pour le travail, bref, on fractionne notre capital temps en plusieurs secteurs, faites l’exercice (ça c’est de moi!): Prenez 7 jours soit 168 heure et tentez d’évaluer comment vos temps sociaux sont répartis: êtes-vous de ceux qui passent 3,4 heures par jour avec leur famille? Quand je travaillais à plein temps j’avais une excuse classique: ”c’est pas la quantité qui compte, c’est la qualité!” Bullshit! Allez faire comprendre ça un enfant de six ans!
Cette première partie se termine avec une question intéressante:”quelle est la place du travail dans votre vie? un mot….est-elle la bonne??? si cette réponse ne vous satisfait pas c’est signe que vous avez d’autres questions à vous poser.” Enfin j’ai bien aimé cette phrase: ”….encourager chacun à faire de sa vie une oeuvre” ça devrait être la devise de tout gestionnaire qui a ses employés à coeur.
Rappelez-vous que si vous jugez que le travail prend trop de place dans votre vie, il est toujours possible de réagir et à mon avis il faut regarder du côté des désirs et besoins. Bon, j’ai assez travaillé, je m’en vais m’amuser, bah! c,est une farce, j’ai eu du plaisir à écrire ce billet, bonne journée!