Salut Zami!

Cela a débuté en 1995, mon amoureuse l’avait vu tout seul dans une grande cage dans un pet shop. Elle me raconta sa rencontre et lui demandai:”pourquoi tu ne l’achètes pas?” Elle me répondit:”si il est là, demain c’est qu’il est pour moi, je le prends” et c’est comme cela qu’il est entré dans notre vie.
Très tôt il s’est imposé comme un chat indépendant, on l’appelait le “bibelot” car il posait, était difficile d’approche, capricieux mais tout de même attachant. Il nous a accompagné durant les 16 dernières années de notre vie de couple, (nous en avons vingt-six) jusqu’à ce que Mika arrive en 2003. Ils sont devenus inséparables, toujours ensemble. On le surnommait “le vieux”; Puis en 2009 est arrivée une femelle de la même race que Zami. Il y a eu certes, une période d’adaptation, mais finalement la meute a émergée avec un droit d’ainesse qui revenait à Zami. Mais durant les trois dernières semaines la dynamique a changé; Zami a maigri énormément au point qu’il y a deux semaines on a consulté un vétérinaire pour apprendre qu’il était très mal en point, elle lui a proposé une nourriture et a commencé à manger; l’espoir est revenu et on s’est dit que s’il recommençait à manger on le sauverait. Malheureusement, il ne voulait plus manger, il s’isolait, dormait presque tout le temps. Pendant les deux dernières semaines, nous l’avons gavé à la seringue. C’est ainsi que dimanche dernier j’ai pris la décision qu’il fallait l’euthanasier.
Lundi matin j’ai pris le téléphone pour un rendez-vous qui fut fixé à 16:00. Nous nous sommes présenté en pleurs, et on nous a installé dans une pièce dans laquelle il y avait une table avec une couverture avec des motifs de pattes de petit chien en noir et blanc. Une assistante est venue nous voir pour nous expliquer comment cela allait se passer: tout d’abord on lui donnerait une sédation qui le calmerait et dix minutes plus tard on lui injecterait une dose qui dans l’espace d’un instant , le soulagerait pour de bon.

Elle l’apporta dans l’autre pièce et nous le ramena; dans l’espace de quelques instants Zami se détendit et nous pûmes le caresser à notre guise; il ne semblait plus souffrir; nous pleurions comme une Madeleine, on lui parlait, on le caressait en se disant qu’il avait quand même eu une belle vie avec nous.( Je vous écrit ces lignes les yeux dans l’eau) Puis, le vétérinaire est arrivé, nous a expliqué ce qui allait se passer puis il lui a rasé une patte pour trouver une veine et lui installa un cathéter; il lui a injecté le liquide, Zami s’est éteint tout doucement cela a duré à peine deux secondes. Il était 16h 30.
Le vétérinaire prit le temps de parler avec nous, nous raconta comment lui, n’avait pu se résoudre à euthanasier son chat de 13 ans, puis nous laissa seuls avec Zami; je crois que nous avons vidé la boîte kleenex! Nous sommes restés pendant quelques minutes à le caresser, à lui parler comme s’il nous entendait, puis n’en pouvant plus nous sommes sortis, le vétérinaire nous a serré la main “bon courage” qu’il nous a dit, le courage je n’en avais plus de besoin je l’avais tout épuisé le matin même quand j’ai décidé que c’était fini, nous avions seulement besoin mon amoureuse et moi de retourner à la maison retrouver nos deux autres chats, on a ouvert une bouteille de vin, sorti le fromage et regardé la télé nos deux chats tout près de nous.
Cet événement m’ a interpellé sur plusieurs plans; notamment sur notre relation avec la mort, nos ”pet friends”, la vieillesse, et curieusement le 07 février est parue dans le journal La Presse, un billet d’un écrivain dans le cahier forum, il avait intitulé son article: “vieillir sans le savoir” d’où on pouvait lire sous la photo de sa chienne et lui:

Sans nécessairement envier sa chienne Clara, Jean François Beauchemin trouve beau la manière qu’elle a de vieillir sans souffrance morale, précisément parce que la conscience ne joue pas de rôle dans cette vieillesse: apparemment, son corps seul sent sur lui l’inexorable passage du temps.

Il dit un peu plus loin:

…les faibles signes d’un abandon, graduel mais serein, celui d’un être qui cesse peu à peu de se mêler au jeu de la vie pour s’attarder plus complètement à celui de l’amour: je ne fus jamais observé avec autant de bonté que dans la vieillesse de cette bête-là.

C’est exactement ce que j’ai ressenti ces derniers temps lorsqu’il me regardait de façon intense me demandant de le prendre et le mettre sur mes genoux une position qu’il adorait mais que nous trouvions inconfortable pour lui. Pour lui, comme si on savait quels étaient ses besoins…Est-ce qu’un animal a une conscience? Est-ce qu’un animal a des émotions? Je ne veux pas connaître la réponse scientifique ce soir je veux y croire car c’est ce que j’ai ressenti à travers ses yeux verts quand il me regardait.
Il y a trois semaines bien avant qu’on s’en aperçoive, il avait décidé qu’il était au bout du chemin, que son voyage était terminé; les mauvaises langues diront que les vieux chats développent toute sorte de maladies et que c’est ça finalement qui les emporte mais ce soir je veux semer le doute, Zami avait décidé…il m’a doucement mais fermement amené à prendre pour lui la décision finale et fatale. Nous avons fait de l’acharnement thérapeutique en le gavant à la seringue ces deux dernières semaines espérant qu’il reprendrait goût à la vie, mais non il avait décidé; dès qu’on avait fini il descendait au sous-sol dans la noirceur et se couchait sur ma chaise berceuse seul alors qu’en haut il y avait le reste de la meute qui continuait à vivre comme si de rien n’était. Les oiseaux se cachent pour mourir les chats aussi.

J’ai la consolation de l’avoir vu s’éteindre tout doucement sans souffrance, la sédation lui a fait lâcher prise, il s’est endormi pour ne plus se réveiller. Il se dégageait une sorte de paix, de sérénité dans la pièce, il était couché, le souffle absent mon Dieu qu’il avait l’air bien par rapport aux derniers jours…je crois qu’à cet instant la mort nous a enveloppé, pour la première fois j’ai ressenti qu’elle était bonne, belle, aussi bonne et belle que la vie… à moins que ce ne fut l’âme de Zami…

Un triste dimanche

J’avais prévu en ce dimanche vous présenter une photo que j’ai intitulé’‘espoir’‘ mais la vie en a voulu autrement ou plutôt la mort parce que nous avons perdu notre perruche ‘Bibi” quand exactement, on ne le sait pas trop, sans doute entre la nuit de samedi et samedi soir où nous l’avons trouvé inanimée dans le fond de sa cage. Deux weekends avec la mort…Je sais, vous allez me dire ce n’est qu’un oiseau, mais allez en parler à mon amie Parkita qui a perdu Elfi un de ses petits rats…elle a une plume extraordinaire, ce qu’elle a écrit pour Elfy, j’aurais pu l’écrire pour Bibi, allez la lire, ça vaut vraiment le coup…
La mort, c’est la mort, qu’elle prenne un être cher, un ami, un client ou son oiseau, l’effet est toujours le même: le désespoir, alors vous comprendrez pourquoi ma photo n’était plus pertinente…
Cet oiseau appartenait à notre fille et lorsqu’elle a décidé elle-même de voler de ses propres ailes, nous l’avons adopté; mon amoureuse, qui a un don avec les animaux l’a conquis immédiatement, elle le faisait sortir de sa cage sans problème (bien entendu nos trois chats étaient ans une autre pièce) lui, il prenait un malin plaisir à picosser ses dents, d’ailleurs c’était la seule à qui il répondait quand elle l’appelait par son nom. Bizarrement, c’est arrivé le weekend où notre fille, ayant obtenu une promotion, a déménagé ses pénates sur la rive sud de Montréal à quelques minutes de chez nous.
Un oiseau est revenu un autre est parti. Nous n’entendrons plus son chant joyeux du matin, ses roucoulements, son picassement lorsqu’on écoutait la tv ou de la musique, c’est fou comment un si petit être peut prendre de la place dans votre vie!
Nous l’avons mise dans une petite boîte de plastique, ça me faisait penser à Blanche Neige dans son cercueil de verre, mais aucun prince charmant ne pourra la réveiller.
Pour ce qui est de l’espoir, on repassera…


Bibi prenant sa douche au lavabo


Bibi 2010