L'invasion des idiots

Publié le 16 mars 2026 à 00:03

Pour les trois prochaines parutions, je vous amène, sans prétention, à réfléchir avec moi  sur ce que je ressens sur le fait qu'on frise l'anarchie mondiale à cause d'un seul homme qui, par surcroit, ment effrontément à la face du monde entier ou tout au moins démontre une incohérence totale dans ses propos et ses positions. J'aimerais beaucoup lire vos propres réflexions sur le sujet et je le répète qui se veut sans prétention juste l'idée de pouvoir échanger.


Cette phrase "L'invasion des idiots" n’est pas de moi mais de Umberto Eco un philosophe italien qui a  étudié la manière dont les idées se propagent, comment le langage façonne notre perception du réel et comment les sociétés définissent ce qui constitue la vérité.

En juin 2015, lors d’une interview en Italie, il a été interrogé sur l’effet d'Internet sur la société. Sa réponse a été directe et provocatrice : "Les réseaux sociaux donnent à des légions d'idiots le droit de parler, là où auparavant ils ne s'exprimaient que dans un bar après un verre de vin, sans nuire à la communauté. À l'époque, ils étaient rapidement ignorés. Maintenant, ils ont le même droit de parole qu'un lauréat du Prix Nobel." Il qualifia cet état de "l'invasion des idiots".

 

Pendant des siècles, le discours public avait des filtres : les journaux avaient des éditeurs, les éditeurs s'appuyaient sur des vérifications des faits, et les universités utilisaient des revues par les pairs. Bien que ces systèmes aient été imparfaits et aient parfois exclu des voix légitimes, ils imposaient une certaine responsabilité. Si vous vouliez publier une affirmation médicale, vous deviez fournir des preuves. Si vous vouliez influencer l’opinion publique, vous deviez avoir de la crédibilité. Si vous répandiez des faussetés, des conséquences suivaient.

 

L'Internet a effacé ces barrières. Soudainement, n’importe qui pouvait atteindre des millions de personnes. Un adolescent postant depuis sa chambre avait la même tribune qu’un universitaire chevronné. Un théoricien du complot pouvait attirer autant d'attention qu'un journaliste ayant vérifié les faits pendant des mois. Et ce sont les voix les plus extrêmes qui se sont propagées le plus rapidement.

Le génie de Trump

 

 Trump a compris il y a longtemps comment l’internet fonctionne. C’est pour cela qu’il utilise son propre réseau social pour communiquer « ses idées » Il sait très bien quel les algorithmes  privilégient l’indignation et que l’attention se porte sur celui qui crie le plus fort. 

Ce qui me fascine encore plus ces derniers jours avec cette guerre qu’il a déclenché, c’est qu’il ment comme il respire! Avez vous déjà entendu un être humain équilibré déclarer: « J’arrêterai la guerre quand je le sentirai dans mes tripes » Faut le faire! Mais où je veux en venir est: comment se fait-il que l’homme le puissant au monde peut dire de telles absurdités sans que personne nul part au monde ne le contredise dès qu’il dit une fausseté? Je sais, j’ambitionne un peu…mais ce qui me préoccupe c’est: comment se fait-il que la vérité n’a plus le pouvoir qu’elle avait?

Pour mieux comprendre, je me suis tourné vers le livre « Nexus » de Yuval Noah Harari.

La notion de réalité.

Attachez bien votre tuque, je vais tenter de vous partager ma compréhension des liens qui réunissent les notions de  réalité - information - vérité.

Ayant toujours en tête ma question de départ: « Pourquoi un menteur réussit-il à faire autant de dégât sans que la vérité triomphe?

je vous invite à avoir cette question en tête tout en lisant mon texte) car pour bien comprendre ce qui se passe en ce moment avec Trump, au-delà de dire que: «  c’est un débile mental, que je ne l’aime pas, que c’est un fou dangereux » il me force à essayer de comprendre ce qui se passe, quels sont les mécanismes qui sont à l’oeuvre, à trouver un sens à cette période qui devient de plus en plus anxiogène (la plupart de nos adolescents souffrent d’anxiété)

Tout d’abord, la réalité. Ça commence mal ! car selon Youval ( c’est moins long que d’écrire son nom au complet) il y en a trois: la réalité objective, la réalité subjective et la réalité intersubjective. Très simplement la réalité objective c’est les pierres, l’eau, les montagnes, des objets qui existent que nous en soyons conscients ou non. La réalité subjective ce sont nos sentiments, la douleur, le plaisir bref tout ce qui est « en dedans » et non « dehors » les entités de  cette réalité n’existent que si nous en sommes conscients .

Pour la réalité intersubjective Youval la décrit ainsi: 

"Certaines histoires ont la faculté de créer un troisième niveau de réalité, la réalité inter subjective; alors que les unités subjectives telles que la douleur, la peur n’existe que dans un seul esprit, les entités Inter subjectives comme les lois les dieux les nations les monnaies  etc. tout cela existe dans les histoires que les gens se racontent." 

Bon, êtes-vous assez mêlé? Je vous laisse digérer, mais je vous dis tout de suite que c'est la réalité intersubjective qui est ma  piste  la plus prometteuse en terme de réponse à mon questionnement initial.

Dans mon prochain billet je vous ferai part de mes premiers constats.

 

La photo du jour:  en chute libre

Face à tous ces changement majeurs

de la société et du monde

je me sens en chute libre

ne sachant pas trop où je

vais atterrir

mais je garde espoir

de le faire en douceur

dans un monde meilleur

 

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